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Caviard Faire tester vos actes
Faire tester vos actes déjà en ligne

Comparatif

Caviard ou l’occultation manuelle dans le lecteur de PDF

La quasi-totalité des actes publiés depuis 2022 ont été occultés dans un lecteur de PDF, avec l’outil rectangle et une couleur noire. Le geste est rapide, il ne coûte rien, et il donne à l’écran exactement le résultat attendu. C’est ce qui le rend redoutable : rien ne signale à l’agent que le texte est resté dans le fichier. Voici où passe la frontière entre les deux approches, ligne par ligne.

Le comparatif poste par poste

CritèreCaviardl’occultation manuelle dans le lecteur de PDF
Effet réel sur le texte viséLes caractères sont retirés, la page est reconstruite sans euxUn objet graphique est dessiné par-dessus, le texte reste dans le fichier
Preuve avant publicationTest d’extraction affiché mot pour mot, avec le nombre de caractères restantsAucune. On juge à l’écran, sur ce que l’on croit voir
Repérage des mentionsProposées selon les règles de la famille d’acte, acceptées ou écartées par l’agentRelecture intégrale, souvent un vendredi de fin de séance
Temps par acteLe contrôle porte sur les mentions proposées, pas sur la page entièreTrois à huit minutes par acte, avant les corrections d’après coup
Trace de la décisionNom de l’agent, heure et motif d’occultation conservés au registreRien, sauf ce qui a été noté dans un cahier ou dans un courriel
Date de mise en ligneHorodatage et empreinte numérique de chaque version publiéeLa date du fichier sur le serveur, modifiable et non opposable
Liste des délibérations et tableau des actesGénérés à partir des pièces réellement publiéesTenus à la main dans un tableur qui finit par diverger du site
Caractère exécutoireFiche d’une page : mise en ligne, accusé préfectoral, mention pour le registre reliéÉléments dispersés entre la messagerie, la télétransmission et le classeur
Reprise du stockListe des fichiers à remplacer, classée par famille et par gravitéRéouverture des fichiers un par un, quand quelqu’un s’en souvient
Coût affichéÀ partir de 19 euros hors taxes par mois jusqu’à 3 500 habitantsGratuit en apparence, payé en heures d’agent et en incidents

Ce que l’agent voit, ce que le fichier contient

À l’écran, les deux méthodes donnent la même page : un bandeau noir à la place d’un nom. La différence est invisible et elle est totale. Dans le premier cas, les caractères ont disparu du fichier et une extraction ne rend plus rien à cet endroit. Dans le second, ils sont toujours là, sous une forme géométrique posée au-dessus, et n’importe quel outil de copie les restitue. Aucun signal, aucun avertissement, aucune couleur ne distingue les deux fichiers.

C’est cette absence de retour qui explique l’ampleur du phénomène. Une secrétaire générale qui pose ses rectangles depuis 2022 en pensant faire ce qu’il faut n’a jamais eu l’occasion de constater le contraire. Le premier test d’extraction est en général un mauvais moment : trois adresses et une date de naissance ressortent d’une délibération d’aide sociale de l’année précédente. Ce moment vaut mieux qu’une réclamation, et il ne dure que quelques minutes.

Le temps ne se trouve pas là où on le cherche

L’occultation manuelle demande entre trois et huit minutes par acte, hors corrections ultérieures. Une commune de 1 800 habitants publie entre 90 et 160 actes par an, une communauté de communes entre 400 et 900. Sur cent quarante actes, l’occultation à la main et la tenue du tableau des actes représentent environ trente-huit heures dans l’année. Ce temps n’apparaît sur aucune ligne budgétaire, il se prend sur les soirées de fin de séance et sur les semaines de budget.

Le même travail se fait en sept heures environ dans une chaîne outillée, corrections comprises, parce que l’agent ne relit plus la page entière : il valide ou corrige des mentions proposées et regarde un rapport. Le gain n’est pas seulement horaire. Il déplace la charge mentale, qui passe de la vigilance permanente à une décision explicite, tracée avec un nom et une heure, sur les seuls cas qui le méritent.

Le jour où quelqu’un demande des comptes

Une réclamation auprès de la CNIL, un droit d’effacement exercé par un administré, une demande de retrait adressée à un moteur de recherche, un signalement transmis à la structure porteuse : chaque incident mobilise le secrétariat général, le délégué à la protection des données et parfois le maire, pendant des semaines, pour un acte de deux pages. La question posée est toujours la même : que contenait exactement le fichier publié, et à quelle date.

Avec l’occultation manuelle, cette question n’a pas de réponse documentée. Le fichier a été remplacé, l’ancien a disparu du serveur, personne ne sait qui a validé quoi. Avec un registre horodaté et un rapport d’extraction archivé, la réponse tient en une pièce jointe. La différence entre les deux approches ne se joue donc pas sur la qualité du travail, souvent bonne des deux côtés, mais sur la capacité à en administrer la preuve.

Quand l’alternative reste le bon choix

Si votre commune publie une dizaine d’arrêtés de voirie par an, sans nom d’administré, sans adresse et sans annexe nominative, le lecteur de PDF suffit et un abonnement serait un luxe. Même chose lorsque le fichier source existe encore sous traitement de texte : supprimer le passage dans la source puis réexporter reste la méthode la plus propre, et elle est gratuite. La bascule se joue sur trois éléments : le volume annuel, la présence de familles sensibles comme l’aide sociale ou l’urbanisme nominatif, et l’obligation de prouver ce qui a été publié.

Le verdict

Tant qu’aucun test d’extraction n’est passé sur le fichier produit, une occultation manuelle reste une hypothèse. Sur un volume faible et des actes sans mention personnelle, cette hypothèse est raisonnable. Dès que la collectivité publie plus de cent actes par an, touche à l’aide sociale ou à l’urbanisme nominatif, ou doit rendre compte à un délégué mutualisé, le coût de la preuve absente dépasse largement celui d’une chaîne outillée.

Questions frequentes

Le mode expurger de mon logiciel de PDF ne suffit-il pas ?
Une fonction d’expurgation véritable retire bien les caractères, à condition d’être appliquée et confirmée, et non confondue avec l’outil rectangle du mode annotation. Le doute porte moins sur la fonction que sur le fichier réellement publié. Passez une extraction sur le PDF final : si le texte ne ressort plus, le geste était le bon. C’est ce contrôle qui manque, pas la fonction.
Peut-on rattraper les actes occultés à la main depuis 2022 ?
Oui, et c’est généralement le premier chantier. Les documents déjà en ligne sont analysés, ceux dont le texte reste extractible sont relevés, et la liste vous revient classée par famille d’actes et par sensibilité. Les fichiers corrigés repartent dans la même chaîne que les actes courants, et le registre conserve la trace du remplacement, sa date et son motif.
Faut-il changer de site internet pour publier autrement ?
Non. La chaîne se place entre la séance et la mise en ligne, là où se décide ce qui sort et sous quelle forme. Votre site de publication et votre dispositif de télétransmission au contrôle de légalité restent les vôtres. Vous exportez la version publique vers l’outil que vous utilisez déjà, et vous y enregistrez la référence de l’accusé de réception préfectoral.

Caviard ou l’occultation manuelle dans le lecteur de PDF

Tant qu’aucun test d’extraction n’est passé sur le fichier produit, une occultation manuelle reste une hypothèse. Sur un volume faible et des actes sans mention personnelle, cette hypothèse est raisonnable. Dès que la collectivité publie plus de cent actes par an, touche à l’aide sociale ou à l’urbanisme nominatif, ou doit rendre compte à un délégué mutualisé, le coût de la preuve absente dépasse largement celui d’une chaîne outillée.